10 fautes de français à éviter (3)

J’ai pris l’habitude, au cours de mes transcriptions et relectures, de relever certaines fautes de français commises couramment, et je vous en ai déjà fait part dans deux articles.

En voici une nouvelle série (les phrases fautives sont entre crochets, les phrases corrigées sont en bleu).

  1. [Autant pour moi.]

    Cette expression employée pour reconnaître que l’on s’est trompé aurait pour origine le commandement au temps utilisé pour demander la reprise d’un mouvement (temps) dans un exercice militaire. L’Académie française recommande donc de l’écrire ainsi :
    Au temps pour moi.

  2. [Leurs obligations sont rappelées au terme du jugement.]

    Dans cette phrase, il est fait référence à ce qui est énoncé dans le jugement, aux mots (termes) utilisés dans le jugement. L’expression exacte à employer est donc aux termes de.
    Leurs obligations sont rappelées aux termes du jugement.
    (Au terme de signifie « à la fin de ».)

  3. [Je m’inscris en faux avec ses affirmations.]

    La locution s’inscrire en faux signifie « s’opposer à, contester », elle est logiquement toujours suivie de la préposition contre.
    Je m’inscris en faux contre ses affirmations.

  4. [Elle est en mesure d’obtenir les informations nécessaires de part sa situation.]

    Il s’agit ici d’une expression synonyme de du fait de, en raison de. On écrira donc de par.
    Elle est en mesure d’obtenir les informations nécessaires de par sa situation.
    (De part ne se rencontre que dans les formules de part et d’autre et de part en part.)

  5. [Ce terrain peut-être divisé en deux parties.]

    Peut-être est un adverbe composé, invariable, exprimant l’incertitude, le doute. Ce n’est pas le cas de cette phrase qui énonce une possibilité, une faculté, avec l’utilisation du verbe pouvoir suivi d’un infinitif (être).
    Ce terrain peut être divisé en deux parties.
    (Pour ne pas se tromper, on peut modifier la phrase en remplaçant être par un autre verbe. Exemple : Ce terrain peut faire l’objet d’une division…)

  6. [Ils ont visité une maison de plein pied.]

    Pour parler d’un logement dont toutes les pièces sont au même niveau, on emploie la locution de plain-pied.
    Ils ont visité une maison de plain-pied.
    (Plain est un adjectif du vieux français, de la même famille que plaine, qui signifie « plan, plat, uni ».)

  7. [Il vous faut évaluer le préjudice subit par la victime.]

    Il est question d’un préjudice que la victime a dû subir (supporter, endurer) : subir est un verbe du deuxième groupe dont le participe passé est subi, subie.
    Il vous faut évaluer le préjudice subi par la victime.
    (À ne pas confondre avec l’adjectif subit, subite qui signifie « brusque, soudain ».)

  8. [Je ne manquerais pas de vous informer régulièrement de l’évolution de la situation.]

    La forme manquerais indique que le verbe manquer est conjugué au conditionnel, qui est un mode exprimant une éventualité, une condition. Cette phrase n’énonce pas un fait hypothétique, mais une action qui va s’accomplir : on doit donc conjuguer le verbe manquer au futur.
    Je ne manquerai pas de vous informer régulièrement de l’évolution de la situation.
    (Pour ne pas se tromper, on peut conjuguer le verbe au pluriel. On obtient nous ne manquerons pas au futur, mais nous ne manquerions pas au conditionnel.)

  9. [Il est entrain de préparer son examen.]

    Pour indiquer qu’une action est « en cours », on utilise l’expression en train de.
    Il est en train de préparer son examen.
    (Entrain est un nom qui signifie « ardeur, vivacité, enthousiasme ».)

  10. [Au milieu du jardin est érigé le puit.]

    Le mot puits est invariable, il prend toujours un s.
    Au milieu du jardin est érigé le puits.

Si vous avez raté les épisodes précédents, ou pour vous rafraîchir la mémoire, consultez également 10 fautes de français à éviter et 10 fautes de français à éviter (2).

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